Quel drapeau LGBT correspond à mon identité ?
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Mais on peut t'aider à trouver les mots.
Chercher « quel drapeau LGBT correspond à mon identité » n'a rien d'anodin. C'est souvent qu'on ressent quelque chose de précis sans avoir encore le vocabulaire pour le dire.
Ce guide ne va pas t'attribuer une étiquette. Aucun article ne peut faire ça, et méfie-toi de ceux qui prétendent le contraire. Ce qu'il peut faire, en revanche, c'est te présenter les mots existants et ce qu'ils recouvrent, pour que tu reconnaisses éventuellement le tien.
Si c'est l'histoire et le détail des couleurs qui t'intéressent, notre guide complet des drapeaux LGBTQIA+ passe chaque drapeau en revue. Ici, on part de toi.
Commence par identifier ta question
Le malentendu le plus fréquent, c'est de chercher un seul drapeau alors que les drapeaux répondent à trois questions différentes. Elles sont indépendantes les unes des autres.
Qui t'attire ? C'est l'orientation. Elle ne dit rien de ton genre.
Qui es-tu ? C'est l'identité de genre. Elle ne dit rien de qui t'attire.
Où te sens-tu chez toi ? C'est la communauté. Elle se choisit, elle ne se déduit pas.
Une femme trans peut être lesbienne. Une personne non-binaire peut être asexuelle. Un homme cisgenre peut être bisexuel et se reconnaître dans la communauté cuir. Les trois axes se combinent librement — c'est pour ça que beaucoup de gens utilisent plusieurs drapeaux.
Si ta question porte sur qui t'attire
Déplie la description qui te parle le plus. Elles décrivent des ressentis, pas des cases à cocher : si deux te correspondent à moitié, c'est normal.
« Je suis attiré·e par plus d'un genre »
C'est la bisexualité. Attention à une idée reçue tenace : être bi ne suppose pas une attirance égale, ni simultanée, ni permanente. Beaucoup de personnes bisexuelles ont une nette préférence, ou voient leur attirance varier avec le temps. Ça reste de la bisexualité.
Tu n'as pas non plus à avoir « fait tes preuves » avec plusieurs genres. L'attirance suffit.
« Le genre de la personne n'entre pas en compte »
C'est la pansexualité. La nuance avec la bisexualité fait débat, y compris à l'intérieur de la communauté, et il n'existe pas de frontière officielle. Une formulation souvent retenue : les personnes bisexuelles sont attirées par plusieurs genres, les personnes pansexuelles indépendamment du genre.
Beaucoup de gens se reconnaissent dans les deux mots et emploient celui qui leur semble le plus juste selon le contexte. C'est une pratique parfaitement valide.
« Je suis une femme attirée par les femmes »
C'est le lesbianisme. Le mot couvre des vécus très différents, et il inclut les femmes trans comme les personnes non-binaires qui se reconnaissent dans le terme.
« Je ressens peu ou pas d'attirance sexuelle »
C'est l'asexualité. Ce n'est ni un manque, ni une conséquence d'un traumatisme, ni une phase à dépasser — et ça n'empêche ni les relations amoureuses, ni la vie sexuelle pour celles et ceux qui le souhaitent.
L'asexualité est un spectre : entre « jamais » et « toujours » il existe toute une zone grise, que le gris du drapeau représente précisément.
« L'attirance ne vient qu'après un lien émotionnel fort »
C'est la démisexualité. Elle se situe sur le spectre asexuel, et son drapeau en reprend la palette avec un triangle noir. La différence avec « je préfère connaître la personne d'abord » : ici, l'attirance n'apparaît tout simplement pas sans ce lien.
« Je ressens peu ou pas d'attirance amoureuse »
C'est l'aromantisme, et c'est une question distincte de l'attirance sexuelle. On peut être aromantique sans être asexuel·le, et l'inverse. Beaucoup de personnes découvrent cette distinction en cherchant justement leur drapeau.
« Plusieurs genres m'attirent, mais pas tous »
C'est la polysexualité. C'est la nuance qui la distingue de la pansexualité : il y a une sélectivité assumée.
Si ta question porte sur qui tu es
Ces drapeaux-là ne parlent pas d'attirance, mais de genre. Ils peuvent se cumuler avec n'importe lequel de la section précédente.
« Mon genre n'est pas celui qu'on m'a assigné à la naissance »
C'est être transgenre. Le mot ne présuppose aucun parcours : ni traitement hormonal, ni chirurgie, ni changement d'état civil. Être trans, c'est une question d'identité, pas d'étapes franchies.
Une chose que beaucoup ignorent : ce drapeau n'a pas de sens de lecture. Monica Helms l'a voulu symétrique pour qu'on ne puisse jamais le mettre à l'envers — une façon de dire qu'il n'y a pas de bonne manière d'être trans.
« Je ne suis ni un homme ni une femme »
C'est être non-binaire. C'est un terme parapluie : il recouvre les personnes qui se situent entre les deux, dans les deux, en dehors, ou nulle part sur cet axe.
Kye Rowan avait dix-sept ans quand il l'a dessiné, précisément pour les gens qui ne se retrouvaient pas dans les drapeaux existants.
« Mon genre change avec le temps »
C'est être genderfluid. La variation peut se compter en années comme en heures, et elle n'a pas à suivre de logique explicable à qui que ce soit.
« Je ne me reconnais pas dans les normes de genre, tout simplement »
C'est être genderqueer. Le terme est plus large et plus politique que « non-binaire » : il dit autant un rapport aux normes qu'une identité. Certaines personnes l'emploient précisément parce qu'il refuse d'être défini avec précision.
« Je n'ai pas de genre du tout »
C'est être agenre. Ce n'est pas une position neutre entre deux pôles, ni une indécision : c'est l'absence de genre, vécue comme telle.
Si tu cherches une communauté plutôt qu'une étiquette
Ces drapeaux ne décrivent ni ton orientation ni ton genre. Ils disent où tu te sens chez toi — et ils se choisissent, ils ne se déduisent de rien.
La communauté Bear
Si tu es un homme gay et que les corps montrés partout dans le milieu ne ressemblent pas au tien, c'est là que beaucoup se sont retrouvés. La communauté Bear valorise la pilosité, la corpulence, la maturité — tout ce que les magazines gays ont longtemps écarté.
La communauté cuir, kink et BDSM
Une histoire étroitement liée à celle des luttes LGBTQIA+ : les bars cuir ont longtemps été parmi les rares lieux où se retrouver.
Le polyamour
Des relations multiples et consenties. Ce n'est pas une orientation : on peut être polyamoureux·se quelle que soit son orientation et son genre.
Les allié·es
Si tu n'es pas concerné·e mais que tu veux te déclarer, c'est ce drapeau-là. Il règle une hésitation fréquente : comment soutenir sans avoir l'air de revendiquer un vécu qu'on n'a pas. Il dit « je suis à côté », pas « j'en suis ».
Un drapeau est un outil, pas un examen. S'il t'aide à te faire comprendre, il est le bon.
Et si plusieurs drapeaux te correspondent ?
C'est le cas le plus courant, et ce n'est pas un problème à résoudre. Les trois axes sont indépendants : une personne peut être non-binaire, asexuelle et se reconnaître dans la communauté cuir, sans la moindre contradiction.
Beaucoup de gens fonctionnent par contexte. Le drapeau trans à la fenêtre, le badge ace au travail, l'arc-en-ciel en manif. Ce n'est pas de l'inconstance, c'est du bon sens : on ne s'adresse pas au même public.
Et si aucun ne te correspond ?
Alors aucun ne te correspond, et c'est une réponse valable. Plusieurs situations reviennent souvent.
Tu es en questionnement. Le questionnement est un état, pas une salle d'attente. Beaucoup de gens y restent des années, certains toute leur vie, et le drapeau arc-en-ciel convient très bien pour dire « j'en suis » sans préciser davantage.
Aucun mot ne recouvre exactement ton vécu. C'est fréquent, et normal : les mots sont arrivés après les gens, pas l'inverse. La plupart des drapeaux de cette page ont moins de trente ans, et la communauté continue d'en créer.
Les étiquettes ne t'intéressent pas. C'est parfaitement légitime. Rien ne t'oblige à en porter une pour faire partie de quoi que ce soit.
Trois façons de l'afficher, selon ce que tu veux montrer
Une fois ton drapeau identifié, reste la question du degré de visibilité. Elle est autant pratique que personnelle — et elle dépend souvent du contexte plus que de l'envie.
- Se porte tous les jours
- Se retire en trois secondes
- Visible seulement de qui sait
- Fenêtre, mur, chambre
- 90 x 150 cm, deux œillets
- Ton espace, tes règles
- Marche, stand, classe
- 10 drapeaux et 10 bâtons
- À distribuer autour de toi
Un point à garder en tête si ta situation est délicate : afficher un drapeau chez toi ou sur toi te rend identifiable. Choisis le niveau de visibilité qui correspond à ta sécurité réelle, pas à celle que tu voudrais avoir. Un bracelet ou un pins passe partout ; un drapeau à la fenêtre, non.
Tous les drapeaux LGBTQIA+
Grands formats pour ta fenêtre, lots de petits drapeaux pour les marches, badges et bracelets pour tous les jours.
Si tu es reparti·e d'ici avec un mot que tu n'avais pas en arrivant, cet article a fait son travail.